8 MARS : JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME

Femmes participant à un projet de jardin potager en Casamance (Sénégal)

La source de l'article suivant est tirée du journal Vila-Web :
SYMBOLE DU FÉMINISME AFRICAIN ANTICOLONIAL

Il y a des histoires tragiques du passé qui, au fil du temps, sont devenues des symboles de la lutte et de la dénonciation des jeunes féministes et artistes africaines les plus modernes et les plus radicales. Ce sont des histoires de vie qui incarnent la brutalité et l'injustice de l'ancienne pensée colonialiste, avec des résonances dans le présent, soit comme des pratiques identiques « adaptées » au politiquement correct actuel, soit comme objet d'étude pour découvrir les attitudes politiques et sociales qui sont les enfants de cette idéologie, ou pour maintenir vivante la mémoire historique de la souffrance des femmes africaines.

À l'Exposition universelle de 1937 à Paris, intitulée « Arts et techniques dans la vie moderne », le monde a pu voir Guernica de Picasso, Le Faucheur de Joan Miró, la sculpture L'Ouvrier et la Kolkhozienne de Vera Ignatievna Mukhina, le Triomphe de la volonté de Leni Riefhenstal, les peintures murales de Sonia et Robert Delaunay, l'architecture d'Albert Speer, d'Alvaar Alto et de Josep Maria Sert, parmi de nombreuses autres merveilles de l'art et de la technologie modernes.

Mais lors de l'Exposition universelle ultra-moderne de 1937, fut également créé le Musée de l'Homme, où furent exposés le squelette, le cerveau et les organes génitaux (conservés dans du formol) d'une femme africaine, à côté d'une réplique en plâtre grandeur nature de son corps. Sara Baartman (1789-1815) était une femme Khoikhoi sud-africaine qui était exposée dans les cirques, les foires et les fêtes aristocratiques comme un animal sauvage, maltraitée, prostituée et, finalement, éduquée par les scientifiques les plus importants, qui l'analysaient comme un animal de la catégorie des mammifères.

À sa mort, de syphilis ou de tuberculose, à l'âge de vingt-cinq ans, le père de l'anatomie comparée, Georges Cuvier, pratiqua son autopsie et conserva son cerveau, son squelette et ses parties génitales, qui furent exposés au Musée de l'Homme à Paris jusqu'en 1974. Nelson Mandela, lorsqu'il devint président de l'Afrique du Sud, réclama son corps à François Mitterrand, qui accepta. Mais ce n'est qu'en 2002, après de nombreux débats juridiques et parlementaires, que ce qui restait de sa dépouille a pu recevoir une sépulture digne dans son pays natal, l'Afrique du Sud, où il est désormais un symbole national.



JOURNÉE DE LA FEMME

8 MARS À CASAMANCE

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